Il y a deux grandes faveurs sur chaque être humain : la faveur de la création qui provient d'Allah, à Lui la Puissance et la Gloire, et celle de la procréation qui découle des parents. Aucun être humain n'échappe à cette Loi divine sauf Adam et Eve (que Dieu les salue) qui, eux, n'avaient que la première faveur. Jésus (que Dieu le salue) représente, quant à lui, une exception à cette loi puisqu'il n'y avait pas sur lui une faveur de procréation provenant d'un père. Outre la grande faveur de la création, il n' y avait que seule la procréation découlant de sa mère. Les deux grandes faveurs sur les fils d'Adam impliquent donc la reconnaissance envers Allah et envers les parents. Le Saint Coran associe à cette reconnaissance la nécessité d'obéissance.
Etant donné que les questions figurant au chapitre de l'ingratitude et de la piété filiale sont tellement nombreuses qu'on ne peut toutes les recenser, nous essayons donc de nous contenter, dans cette contribution, de répondre succinctement aux principales questions suivantes :
Mais qu'en est-il, d'abord, de la nécessité d'obéissance aux parents et de la reconnaissance envers eux ?
Allah le Très-Haut dit :
Considérant que la faveur de la création est plus grande que celle de la procréation, il est donc interdit aux enfants d'obéir aux parents lorsque ceux-ci les forcent à associer à Dieu ce dont ils n'ont aucun savoir. " Point d’obéissance à une créature pour désobéir au Créateur."
La Loi divine a fait de l'obéissance aux parents une cause de l'entrée au paradis : le Messager d’Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : "Qu'il soit humilié ! Qu'il soit humilié ! Qu'il soit humilié !" Qui donc soit humilié, ô Envoyé d'Allah ?", lui demanda-t-on. Il répliqua : "Celui qui, dont le père et la mère atteignent, tous les deux ou séparément, auprès de lui la vieillesse et ne les traite pas avec bonté, n'entrera pas au Paradis". (*)
Ibn Hibân rapporta dans son Sahîh, d'après Abou Hurayra (qu'Allah soit satisfait de lui), que le Messager d’Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) monta sur la chaire (minbar) et dit : " Amen, Amen, Amen ". On lui dit : « Ô messager d’Allah ! Tu es monté sur le minbar et tu as dit : " Amen, Amen, Amen" ».Il dit alors (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) : L’Ange Gabriel (que Dieu le salue) m’est venu et a dit : « Quiconque atteint le mois de Ramadan et ne se fait pas pardonner de ses péchés, puis entre dans l’enfer, qu’Allah l’éloigne ! Dis : "Amen"». Alors, j’ai dit : "Amen". Puis Gabriel (que Dieu le salue) a dit : « qu’il soit humilié, éloigné celui qui a ses deux parents vivants et qui ne rentre pas au paradis. » Dis : (Amen) ». Alors, j’ai dit : "Amen". Puis Gabriel (que Dieu le salue) a dit : « qu’il soit humilié, éloigné celui qui entend le nom du Prophète sans faire de salutations sur lui. » Dis : (Amen)». Alors, j’ai dit : "Amen". (*)
Le lecteur du Saint Coran trouvera, certes, dans plusieurs versets, des applications de la règle qui dit :" la rétribution est du même genre que l'action". Allah, soit-Il Exalté et Béni, dit : «Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs, car Allah ne guide pas les gens pervers » (Sourate 61. As-Saff (le rang):5).
Il dit aussi : «Et quiconque aura été aveugle ici-bas, sera aveugle dans l'au-delà, et sera plus égaré [encore] par rapport à la bonne voie» (Sourate 17. Al-Isra' (le voyage nocturne):72).
En plus de ces deux exemples, choisis du Coran, la tradition prophétique nous délivre d'autres exemples à cet égard :
At-Tabarani rapporta dans son "Kabîr", d'après Abdullah ben Amrû que le Messager d’Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : « Le contentement du Seigneur découle de celui des parents et Son mécontentement de celui de leur mécontentement.» (*)
L'Imam Mouslim rapporta dans son Sahîh, d'après Abdullah ben Omar que le Messager d’Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : Le musulman est le frère du musulman ; il ne doit ni être inique envers lui; ni l'abandonner...Celui qui aide son frère, Dieu l'aidera .Celui qui délivre un musulman d'une gêne, Dieu le délivrera d'une des gênes du Jour de la Résurrection. Celui qui couvre un musulman, Dieu le couvrira le Jour de la Résurrection.
(*)Abou Daoud et Tirmidi rapportèrent dans leur Sunan, d'après Abou Horayra, que le Messager d’Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit :"Celui qui dissipe à un musulman une situation affligeante de ce bas-monde Dieu lui en dissipe une situation affligeante du jour de la résurrection. Celui qui met dans l'aisance quelqu'un dans la gêne, Dieu le met dans l'aisance dans ce monde et dans l'autre. Celui qui couvre un musulman, Dieu le couvre dans la vie d’ici bas et dans la vie future. Dieu ne cesse d'être aux côtés de Son serviteur tant que Son serviteur est aux côtés de son frère. (*)
Al-Bukhâry rapporta dans son Sahîh, d'après Abou Horayra, que le Messager d’Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : "Qui se jette du haut d'une montagne pour se tuer ira dans le Feu de la Géhenne; il y sera plongé sans cesse et y demeurera éternellement. Celui qui avale un poison pour se tuer, le gardera dans sa main et l'avalera sans cesse dans le Feu de la Géhenne où il demeurera éternellement. Celui qui se tue au moyen d'un instrument tranchant, conservera cet instrument dans la main et s'en frappera sans cesse au ventre dans le Feu de la Géhenne où il demeurera éternellement. " (*)
Ces Hadiths confirment à l'évidence la règle de la réciprocité précitée : le contentement des parents est récompensé par celui d'Allah, la dissipation des soucis dans la vie d'ici-bas par celle de l'au-delà, la simplification par la simplification, la couverture par la couverture, le secours par le secours, le suicide au moyen d'un instrument tranchant dans la vie d'ici-bas par l'action de poignarder dans l'au-delà, l'absorption du poison dans la vie d'ici-bas par son absorption dans la vie future, et le suicide par la chute dans la vie d'ici-bas par la chute dans les abîmes de l'enfer dans l'au-delà.
En se référant au Verset 123 de la Sourate 4. An-Nisa' (les femmes), certains commentateurs précisent que celui qui désobéit à ses parents, ses enfants lui désobéiront : «Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela » (123).
Un adage nous apprend ceci : "Aime qui tu voudras, tu le quitteras certes. Agis comme tu voudras, tu seras jugé. Sois comme tu voudras, il te sera fait comme tu as fait"
L'Imam Chafi’i, que Dieu lui soit miséricordieux, dit à cet égard :
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ÚöÝøõæÇ ÊóÚöÝøõ äÓÇÄßã Ýí ÇáãóÍúÑóã |
æÊóÌäøÈæÇ ãÇ áÇ íáíÞ ÈãÓáã |
|
íÇ åÇÊßðÇ ÍõÑã ÇáÑÌÇá æÊÇÈÚðÇ |
ØÑÞ ÇáÝÓÇÏ ÝÃäÊ ÛíúÑ ãõßÑøã |
|
ãóäú íÒäö Ýí Þæã ÈÃáÝóí ÏÑåã |
Ýí Ãåáå íõÒäì ÈÑÈÚ ÇáÏÑåã |
|
Åä ÇáÒäÇ Ïóíä Åä ÇÓÊóÞÑÖÊóå |
ßÇä ÇáæóÝÇ ãä Ãåá ÈíÊß ÝÇÚáã |
Soit :
Vivez chastement, vos femmes vivront pareillement dans l'inviolabilité, et
évitez ce qui n'est pas digne du musulman.
Ô celui qui profane les foyers des hommes et qui suit les voies de la perversion, [sache donc que] tu ne seras à ton tour pas honoré.
Celui qui commet l'adultère dans une tribu à raison de deux milles dirhams, on commettra de l'adultère dans son foyer par un quart de dirham seulement.
L'adultère est une dette. Si tu l'empruntes, sache donc que ce sont les vôtres qui auront à la payer.
Ceci étant, il convient cependant de préciser que la personne qui a déjà désobéit à ses parents peut toujours se repentir et réparer les abus autant de fois que possible. Allah, certes, accepte le repentir du moment où l'intention du repentant est pure.
l'enfant puisse porter plainte contre son père pour le versement d'une pension alimentaire ? Allah -Gloire à lui- a ordonné, dans plusieurs versets de l'adorer et Il a associé à cela la piété filiale...Les versets et les hadiths incitant les enfants à l'obéissance aux parents sont nombreux.
A titre d'exemple, le Messager d'Allah dit :
"Ne voulez-vous pas que je vous parle des plus grands péchés ?-Mais si, Messager d'Allah ! répondîmes-nous." Sur ce, il dit par trois fois : le fait d'associer à Dieu…, la mauvaise conduite envers les parents." Là, étant accoudé, il s'assit et dit :" Et les propos mensongers et le faux témoignage; les propos mensongers et le faux témoignage…" Il ne cessa de répéter cela au point où nous nous dîmes : " plaise à Dieu qu'il se taise !".
"Qu'il soit humilié ! Qu'il soit humilié ! Qu'il soit humilié !" Qui donc soit humilié, ô Envoyé de Dieu ? ", lui demanda-t-on. Il répliqua : " Celui qui, dont le père et la mère atteignent, tous les deux ou séparément, auprès de lui la vieillesse et ne les traite pas avec bonté, n'entrera pas au Paradis ", rapporte l'Imam Mouslim dans son Sahîh (*) , d'après Abou Hourayra.
At Tabarani rapporta dans "Al-Mu'jam Al-Awsat" (*) qu'un homme se rendit auprès du prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) pour se plaindre de son père. Il lui dit :"Ô Messager d'Allah, mon père m'a pris mon argent". Le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) lui dit :"Amène-moi ton père". L'Archange Gabriel descendit et dit au Prophète :"Allah t'envoie le salut et te dit : lorsque le vieillard viendra demande-lui de te répéter ce qu'il s'est dit en lui-même et que ses oreilles ne l'ont pas entendues". Le vieil homme arriva et le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) le questionna : "Pourquoi ton fils se plaint-il de toi? Veux-tu lui prendre son argent ?". Le père répondit : "Pose lui la question ô Messager d'Allah : est-ce que je le dépense sur moi-même ou ses tantes paternelles ou maternelles ?". Le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) lui dit :" Laissons cela et dis-moi plutôt ce que tu t'es dit en toi-même et que tes oreilles n'ont pas entendu". Le père dit : "Par Allah, Ô Messager d'Allah ! Allah ne cesse de T'affermir pour que nous soyons assurés de la véracité de Ta mission ! Je me suis dit quelques vers dans mon coeur, que mes oreilles n'ont pas entendu". Le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) lui dit :"Récite et je t'écoute".
ÛóÜÐóæúÊõß ãæáæÏÇð æãõäúÊõßó íÇÝÚÇ ÊõÚóáøõ ÈãÇ ÃÌäí Úáíß æÊäåÜá
Soit:
Je t'ai nourri alors que tu étais nourrisson et je t'ai approvisionné alors que
tu étais jeune. Tu prenais à plusieurs reprises ce que je récoltais en étanchant
ta soif.
ÅÐÇ áíáÉ ÖÇÝÊß ÈÇáÓøõÞúãö áóãú ÃóÈöÊú áöÜÓõÞúãößó ÅáÇ ÓÇåÑÇ ÃÊÜãáãáõ
ßÃäí ÃäÇ ÇáãØÑæÞ Ïæäß ÈÇáÐí ØõÑöÞúÊó Èå Ïæäí ÝÚíäÇí Êåãáõ
Soit:
S'il arrive, une nuit, que tu tombes malade, je demeurais éveillé et agité, en
versant des larmes, comme si c'était moi le malade et non toi.
ÊÎÇÝõ ÇáÑÏì äÝÓí Úáíß æÅäåÇ áÊÚáã Ãä ÇáãæÊ æÞÊ ãÄÌá
Soit:
Je craignais pour toi la mort tout en sachant qu'elle est, certes, un
rendez-vous ajourné.
ÝÜáãÇ ÈáÛÊ ÇáÓäøó æÇáÛÇíÉ ÇáÊí ÅáíåÇ ãÏì ãÇ Ýíß ßäÊ ÃÄãá
ÌÜÚáÊ ÌÒÇÆí ÛáÙÉð æÝÙÇÙÉð ßÃäß ÃäÊ ÇáãäÚã ÇáãÊÝÜÜÖáõ
Soit: Puis lorsque tu grandis et que tu atteignis l'âge où tu pourrais réaliser ce que j'espérais, ma récompense fut la grossièreté et la muflerie, comme si tu étais le Bienfaiteur par excellence.
ÝÜáíÊß ÅÐ áã ÊóÑúÚó ÍÞ ÃÈÜæÊí ßãÇ íÝÚá ÇáÌÇÑ ÇáãÌÇæÑ ÊÝÚá
Soit:
Si au moins tu ne peux avoir les égards dus à ma paternité, que ton action soit
comme celle du voisin proche.
ÊÜÑÇå ãõÚÜÏÇ ááÜÎáÇÝ ßÃäå ÈöÑóÏøò Úáì Ãåá ÇáÕæÇÈ ãæßá
Soit:
Il se préparait à la mésentente comme si on l'avait chargé de contrecarrer les
gens justes.
Après quoi, le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) lui dit :"Toi et ton argent vous appartenez à ton père".
Comment alors le musulman pourra-t-il songer à porter plainte contre son père ??!!
Boukhâry (*) et Mouslim (*) ont rapporté, d'après Abou Hourayra, qu'un homme s'adressa une fois au Messager d'Allah(que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui):"Ô Messager d'Allah! quelle est la personne qui a le plus de droit en ma bonne compagnie ?". Il lui répondit : - Ta mère, répondit le Prophète. – Et Ensuite, – Ta mère, lui répéta le Prophète. –Puis qui? – Ta mère. – Ensuite qui ? – Ensuite Ton père". Subvenir aux besoins de la mère nécessiteuse, est une obligation, en Islam, pour le fils tant qu'il est apte à répondre à ses besoins. C'est pour cela que les musulmans ont, pendant plusieurs siècles, ignoré la coutume qui consiste à placer la femme devenue âgée dans les hospices de vieillards ("maisons de repos"). On est ainsi bien loin du comportement du fils qui chasse la mère du foyer ou qui rend impossible la subvention à ses besoins ou qui oblige la mère, en dépit de l'existence à travailler pour manger et boire. (*)
L'Islam a à l'endroit de l'homme père la même attitude qu'envers la femme mère.
Al-Bukhâry rapporta (H:5988) en ce sens que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit:Allah, Exalté soit-Il, a dit de la parenté utérine : "Celui qui maintient ses liens avec toi, Je maintiendrai les Miens avec lui; et celui qui rompt avec toi, Je romprai avec lui".
Parmi les textes soulignant la nécessité de la piété filiale il y'a ce qui suit :
An-Nassaï, Al-Bazzar (avec deux bonnes chaînes de transmetteurs [Isnâd]) et Al-Hakim (qui a dit : "isnad Sahih ") ont rapporté, d’après Ibn Omar, que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : " Au Jour de la Résurrection, Allah ne regardera pas du côté de trois personnes : l'ingrat envers ses parents, l'ivrogne invétéré et celui qui rappelle un bienfait qu'il a accompli, et trois personnes n’entreront pas au Paradis : l'ingrat envers ses parents, "ad-dayyuth" [celui qui n’est pas jaloux des femmes de sa famille] et la femme qui imite les hommes."
Ahmad, An-Nissai, Al-Bazzar et Al-Hakim ("isnad Sahih ") rapportèrent, d'après abdullah ben Amr ibn-ul-Aas (qu'Allah soit satisfait d'eux), que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : Allah, soit-Il Exalté et Béni, a interdit le Paradis pour trois personnes : l'ivrogne invétéré, l'ingrat et "ad-dayyuth" (…) qui approuve l'impureté dans sa famille.
Le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit aussi :" Allah ajourne, au Jour de la résurrection, ce qu'Il veut de tous les péchés, sauf pour l'ingratitude envers les parents, Allah, certes, fait exécuter rapidement [la punition] pour l'ingrat dans la vie d'ici-bas avant la mort."
Rapporté par Al-Bukhary dans son Adab Al-Moufrad, Tabârani dans son Kabir, et Al-Hakim dans son Moustadrak. (*) Prendre, par orgueil, ses distances avec ses parents, compte pour l'une des formes les plus laides et les plus horribles de l'ingratitude…
Les textes précédents, qui incitent les gens à la piété filiale et les mettent en garde contre l'ingratitude, sont, pensons-nous, largement suffisants pour celui qui cherche, à la fois, la leçon et l'avertissement. En effet, tu trouvera le bienfaisant aimable des gens, proche de leurs cœurs et de leurs âmes. Ils souhaitent gagner son amitié et se montrent désireux de son voisinage. S'il souffre d'un malaise ou s'il est dans une situation critique, tous le monde vole à son secours. Quant à l'ingrat envers ses parents, il a, à l'inverse, encouru le courroux d'Allah et Son rejet. C'est pour cela qu'il se trouve privé de l'acceptation dans la vie d'ici-bas et de l'estime des gens. Aussi, tout le monde l'évite-t-il. C'est en quelque sorte une calamité redoutée par les autres.
Des époques durant, et du fait de ses liens de solidarité, la société musulmane n'a pas connu d'hospices de vieillards. C'est une société où l'on réserve au parent âgé une place digne de lui.
S'il s'agit d'un père ou d'une mère, on a à méditer le verset suivant :
« Et Ton Seigneur a décrété :"N’adorez que Lui ; et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point : "Fi !" et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis :" Ô mon Seigneur, fais-leur à tous deux, miséricorde comme ils m’ost recommandé par le hadith suivant d'avoir pareille conduite : "Celui qui ne vénère pas nos vieux et qui n'est pas miséricordieux envers nos petits, ne fait pas partie de nous". (*) Tant que les enfants sont en mesure de prendre en charge leurs parents, il leur est donc strictement interdit de les placer dans les hospices de vieillards. Un tel comportement relève certes de l'ingratitude puisqu'il est de nature à blesser profondément les parents dans leur amour propre.
Les parents n'ont pas le droit de jurer par Allah que l'enfant ingrat n'entrera pas au paradis. Les parents ont, certes, en Islam, un rang très élevé avec des droits indéniables vis-à-vis de leurs enfants. Néanmoins, l'entrée ou pas au paradis s'accomplit par la Grâce d'Allah et Sa Miséricorde, et ce même si l'ingratitude est une cause censée mener à l'enfer. S'Il plaît à Allah, Il réalisera leurs vœux, comme il Lui plaît, que ce serment n'aura aucun effet, ou entraînera, au contraire, un malheur pour la personne elle-même qui a fait ce serment.
Cette question est identique à celle de la possibilité ou non du pardon : celui-ci est de la compétence exclusive d'Allah et aucune personne ne peut ni affirmer, ni démentir l'absolution d'un péché. Allah, soit-Il Exalté et Béni, dit, d'après Jésus (que Dieu le salue): «Si Tu les châties, il sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c'est Toi le Puissant, le Sage » (Sourate 5. Al-Ma'idah (la table servie):118). Même s'Il a choisi Ses Prophètes et Messagers, et leur a envoyé Ses Anges, Allah a fait descendre Ses livres sur eux, et pris parmi eux "El-Khalil" (l'ami privilégié) et "Al-Kalim" (celui à qui l'on parle), ces Prophètes et Messagers ne jouissent cependant d'aucun pouvoir de pardonner à quiconque le moindre péché et de faire entrer personne au Paradis ou à l'Enfer. Ils peuvent simplement intercéder auprès d'Allah, Gloire à Lui, et ce seulement après Sa permission.
S'adressant au plus noble de Ses créatures, à savoir le Prophète Mohammed (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui), Allah a dit :
«Tu n'as (Mohammad) aucune part dans l'ordre (divin) – qu'Il (Allah) accepte leur repentir (en embrassant l'Islam) ou qu'Il les châtie, car ils sont bien des injustes. A Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Il pardonne à qui Il veut, et Il châtie qui Il veut…Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux» (Sourate 3. Al-Imran (la famille d'Imran):128-129).
En donnant son explication de ces deux versets, l'Imam Tabari dit : "l'interprétation de la Parole d'Allah "Tu n'as (Mohammad) aucune part dans l'ordre (divin)"veut dire: ô Mohammad, pour ce qui est de mes créatures, tu n'as qu'a exécuter Mon ordre, et m'obéir. Leur jugement n'appartient qu'à Moi, Je rends le jugement que Je voudrais : soit j'accepte le repentir du mécréant qui M'a désobéi et qui a forcé Ma consigne, soit J'exécute Mon châtiment dans le monde d'ici-bas par la mort et la vengeance ou dans l'au-delà par ce que J'ai préparé aux mécréants.
Al-Qurtubi, quant à lui, dit à ce propos : il s'est avéré, d'après Sahîh Mouslim qu'au jour d'Uhud, l'incisive du Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) " fut cassée, sa tête fut blessée et le sang coulait sur son visage. A ce moment le prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dis :"comment serait heureux un peuple qui blessa la tête de son Prophète, cassa son incisive tandis qu'il les appelait à Allah, le Très-Haut". Alors Dieu fit descendre ceci : "Tu n'as (Mohammad) aucune part dans l'ordre (divin)".
Ad-Dahâk précise à cet égard qu'au moment où le Messager d'Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) était sur le point de prier contre les polythéistes, Allah, Gloire à Lui, a fait descendre : "Tu n'as (Mohammad) aucune part dans l'ordre (divin)".
On a dit aussi : le Messager d'Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) demanda la permission pour prier qu'Il les exterminent, mais lorsqu 'Allah a fait descendre ce verset, il a su qu'il y avaient parmi eux ceux qui vont se convertir. Et effectivement, plusieurs d'entre eux se sont convertis. On peut citer à titre d'exemple : Khaled bnou lwalid, Amr ibn-ul-Aas et Ikrima ben abi Jahl et d'autres. At-Tirmidi rapporta d'après Ben Amir, que le prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) priait contre quatre personnes, puis Allah, Gloire à Lui, a fait descendre : «Tu n'as (Mohammad) aucune part dans l'ordre (divin)», ensuite Allah les mettra sur le chemin de l'Islam. Il dit : c'est un hadith hassan gharib sahîh.[…]. Allah a averti, certes, Son prophète que le choix ne lui appartient pas et qu'il ne connaît du monde invisible que ce qu'Allah lui fait connaître. Et Allah fait ce qu'il veut : Il pardonne à qui Il veut et fait exécuter rapidement le châtiment à qui Il veut...( Fin de citation d'Al-Qurtubi).
L'Imam Mouslim a rapporté dans sans Sahîh, d'après Joundub, que le Messager d'Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a raconté :" Un homme disant :"Par Dieu ! Dieu ne pardonnera pas à un tel", Dieu le Très-Haut répondit : "Qui donc jure par moi que je ne pardonnerai pas à un tel? J'ai pardonné à ce dernier et j'ai rendu tes œuvres vaines". (*) Ibn Hibbân rapporta dans son Sahîh, d'après Abou Houraira, que le Messager d'Allah (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : Deux hommes de Bénou –Israel étaient fraternisés. L'un deux commettait des péchés, tandis que l'autre s'adonnait à l'adoration. Ce dernier en s'apercevant que le premier commettait toujours les péchés, il lui dit :"Cesse !". – Laisse-moi répondit l'autre et laisse moi tranquille avec mon Dieu ! A-t-on envoyé pour me surveiller?. – Je jure par Allah, répliqua le premier, qu'il ne te pardonnera jamais…Après leur mort, ils se sont réunis devant le Seigneur des mondes. Dieu a dit à l'homme pieux : Savais-tu d'avance ma décision ?...Puis s'adressant au pécheur : Entre dans le paradis!.Et s'adressant à l'autre : Emportez-le à l'enfer. Abou- Horayra ajouta : Par Celui dont mon âme est entre Ses mains, il a proféré un mot qui a anéanti sa vie d’ici bas et sa vie future... (*)
Intérêts du Hadith et dispositions extraites :
Al- Bukhâry rapporta dans son Sahîh (*) , d'après Anas ben Mâlik (qu'Allah soit satisfait de lui) que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit: "Que l'un de vous ne souhaite pas la mort à cause d'un malheur qui le frappe. Mais si jamais il tient à le faire, qu'il dise : "Dieu fais-moi vivre tant que la vie est un bien pour moi et fais-moi mourir si la mort m'est un bien".
Il est interdit au musulman de faire des invocations contre lui-même ou contre ses enfants. Le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit :
Ne faites pas d'invocations contre vos enfants, ni contre vos biens, de peur que vous ne demandiez Allah à un moment où les invocations sont exaucées. (*)
En résumé, le croyant doit prier Allah d'accorder à ses enfants la guidance, la droiture, et la piété. Et qu'il fasse de son mieux, espérant qu'Allah exaucera son invocation. Combien d'enfants étaient, à leur bas âge, indociles et fatigants pour leurs parents, mais à l'âge adulte, ils sont devenus des vertueux, sur le bon droit chemin. La prière des parents en faveur de leurs enfants est à coup sûr exaucée. Qu'ils prient donc Allah abondamment en vue de leur accorder la bonne conduite, la félicité, le repentir, l'absolution et la guidance.
La piété filiale doit être, en principe, observée et mise en oeuvre durant la vie des parents pour qu'ils puissent en tirer effectivement profit. Si toutefois une personne qui était désobéissante à ses parents pendant leur vie, se mettra par la suite à implorer le pardon d'Allah pour eux, à prier abondamment pour eux, et qu'elle veille à "s'auto réformer" par l'obéissance à Allah et à Son Messager pour qu'elle soit vraiment une personne vertueuse, alors elle aura la chance de l'être conformément à ce que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit :
"Lorsqu'un homme meurt, ses actions s'interrompent, sauf de trois choses : une aumône courante, une science utile ou un fils vertueux qui prie pour lui".
Tous les péchés sont pardonnables. Et même si le polythéisme est le plus grand des péchés, Allah accepte le repentir de celui qui y renonce.
Allah, soit-Il Exalté et Béni, dit :
«Dis à ceux qui ne croient pas que, s'ils cessent, on leur pardonnera ce qui s'est passé. Et s'ils récidivent, (ils seront châtiés); à l'exemple de (leurs) devanciers» (Sourate 8. Al-Anfal (le butin):38).
L'Imam Ahmed, At-Tabarani et Al-Bayhaqui rapportèrent, d'après ben Amr ibn ul Aas que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : l'Islam efface tout ce qui précède.
Dans une autre version, le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : "Ne sais-tu pas que l'Islam efface tout ce qui précède? Que l'hégire efface tout ce qui précède ? Et que le pèlerinage efface tout ce qui précède ?".
D'après Abou Ousayd Malik ben Râbi'a Sâ'idî, un homme de Bani Salama vint chez le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) et lui dit:
Ô Messager d'Allah !après la mort de mes parents, puis-je encore exprimer ma piété filiale envers eux ?". "Oui, dit le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui): prier pour eux, implorer le pardon d'Allah pour eux, s'acquitter de leurs engagements, conserver les liens de parenté avec les membres de leur famille et bien traiter leurs amis. ("Sunan" d'Abou Daoud).
Le musulman doit mettre devant ses yeux le hadith d'Abou Saïd Al- Khoudri qui dit : le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit :
" Parmi les générations qui vous ont précédé se trouvait un homme qui avait tué quatre-vingt-dix-neuf personnes. Il demanda de voir l'homme le plus instruit sur terre; on lui montra un ermite auprès duquel il se rendit et lui dit :" J'ai tué quatre-vingt-dix-neuf personnes. Dieu accepterait-Il mon repentir ?". – Non, répondit : l'ermite. Alors l'homme le tua en complétant ainsi la centaine. Il s'enquiert de nouveau de l'homme le plus instruit sur terre, on lui indiqua un savant. – J'ai tué, lui dit-il, cent personnes, puis-je encore me repentir ?". Il lui répondit : " Certainement, qu'est-ce qui t'empêche de te repentir? Va dans tel pays où tu trouveras des gens qui adorent Dieu, adore-Le avec eux et ne reviens jamais dans ton pays, car c'est un lieu de perdition". L'homme partit, et arrivant à mi-chemin, il mourut. Aussitôt les Anges de la miséricorde et les Anges du châtiment se disputèrent à son sujet. Les Anges de la miséricorde dirent :" Il est venu repentant et dont le cœur est tourné vers Dieu". Les Anges du châtiment objectèrent : "Il n'a fait aucun bien". Alors un Ange, sous forme humaine, se présenta devant eux, ils l'ont pris pour juge. Il leur dit :"Mesurez la distance entre les deux pays, celui dont il sera le plus près deviendra le sien". Ils mesurèrent et trouvèrent qu'il est plus proche du pays qu'il cherchait. Les Anges de la miséricorde recueillirent alors son âme". (*) Le musulman doit savoir que le désespoir d'obtenir la miséricorde d'Allah fait partie des grands péchés qui viennent directement après le polythéisme. Il s'agit là de l'une des grandes idées ravageuses qu'on trouve chez certaines personnes dont la connaissance de la Loi divine est bien maigre. Satan suggère à certains pécheurs que leurs péchés sont très grands, à tel point que le repentir devient impossible pour eux, et ce, afin qu'ils se détournent de la miséricorde d'Allah. Et puisque, pour eux, "tout est fini", ils persévèrent par conséquent dans leur désobéissance.
Allah, soit-Il Exalté et Béni, dit : « Dis :"Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le très Miséricordieux »( Sourate 39. Az-Zumar (les groupes):53).<>/p
En résumé, le repentir sincère est toujours aussi valable pour les petits péchés que pour les grands sauf dans deux cas : lorsque le soleil se lèvera du côté où il se couche ou lorsque l'agonie saisira le pharynx de la personne mourante.
L'Imam Al-Bukhâry rapporta, d'après Abu Hurayra, que le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) dit :"L'Heure ne viendra pas avant que le soleil ne se lève du côté du coucher. Quand les gens verront cela, tous ceux qui sont [sur la terre] croiront, et à ce moment-là, de rien ne servira à une âme de croire, si elle n'avait pas cru auparavant."
Allah, soit-Il Exalté et Béni, dit : «Le jour où certains signes de ton Seigneur viendront, la foi en Lui ne profitera à aucune âme qui n'avait pas cru auparavant ou qui n'avait acquis aucun mérite de sa croyance. Dis : "Attendez! " Nous attendons, Nous aussi»( Sourate 6. Al-An am (les bestiaux):158).
D'après Abdullah bnou Omar (qu'Allah soit satisfait d'eux), le Prophète (que la Paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui) à dit : "Certes, Allah agrée le repentir du serviteur tant qu'il n'agonise pas." (*) Ibn Batâl a dit dans son Tafsir (exégèse) de Sahîh Al-Bukhary": Ce qui est certain, d'après le Coran et la Sunna, c'est que le repentir est agréé avant que le fils d'Adam n'agonise et ne constate la prise de son âme. (*) L'Imam Nawawi dit à cet égard :"les opinions des savants sont unanimes sur l'acceptation du repentir tant qu'il n'agonise pas, et ce conformément au hadith". (*) De sa part, Al-Moubarakfouri précise dans "Touhfat-Al-Ahwadi" que "tant qu'il n'agonise pas", signifie : tant que l'âme n'arrive au pharynx, c'est-à-dire avant que la personne ne s'assure de la mort. Le repentir après cette certitude est une chose sur laquelle on ne peut compter. Allah, soit-Il Exalté et Béni, dit : «Mais l'absolution n'est point destinée à ceux qui font de mauvaises actions jusqu'au moment où la mort se présente à l'un deux, et qui s'écrie :"Certes, je me repens maintenant" – non plus pour ceux qui meurent mécréants. Et c'est pour eux que Nous avons préparé un châtiment douloureux» (Sourate 4. An-Nisa' (les femmes):18). (*)